La céramique sigillée et les potiers gallo-romains de Dinsheim-Heiligenberg

Archéologie, Zoom sur

Imitation peu coûteuse de la vaisselle métallique, la sigillée est une poterie rouge à grain fin, réalisée au tour et cuite au four en atmosphère oxydante. Sa fabrication en grande série est le premier exemple de production industrielle dans le monde antique. Utilisée il y a presque 2000 ans, elle est aujourd’hui retrouvée en abondance et représente ainsi un excellent moyen de datation des couches archéologiques.

Le nom de « céramique sigillée » vient du mot latin sigillum (sceau) et tient aux méthodes d’ornementation de certains vases, réalisés dans des moules décorés à l’aide de poinçons. Ce terme s’applique par extension à un ensemble de poteries fines, décorées ou non, couvertes d’un engobe argileux de couleur rouge.

Au temps des Romains, cette céramique constituait une vaisselle de table et son imperméabilité lui permettait la conservation des liquides. Ses formes sont multiples mais l’usage de chacune d’entre elles reste inconnu. Les millions de tessons retrouvés ont permis d’établir un inventaire des décors de certains potiers qui « signaient » parfois leur production en apposant une estampille sur leurs vases.

Née en Italie, la céramique sigillée fut bientôt fabriquée en Gaule et produite en abondance par d’habiles potiers, dont certains s’installèrent en Alsace à la fin du Ier siècle après J.-C. Les fours qui permettaient d’obtenir sa brillance caractéristique étaient très perfectionnés, et leurs vestiges sont extrêmement rares. Ceux qui ont été mis au jour à Dinsheim-Heiligenberg constituent les plus grands fours à céramique sigillée connus de l’empire romain !

Grégory OSWALD