Les Mouvements culturels alsaciens à l’époque du Reichsland

Les Mouvements culturels alsaciens à l’époque du Reichsland

Conférence de Walter et Julien KIWIOR auteurs du livre « Léo Schnug, un artiste de légende » (publié en 2017)

Le 2 octobre 2018 à 20 h, salle Peter de la Maison des élèves, rue Mistler à Molsheim – entrée libre

Les mouvements culturels alsaciens au temps du Reichsland d’Alsace-Lorraine :

C’est une période comme l’écrit Bernard Vogler dans son ouvrage Histoire culturelle de l’Alsace, qui a vu l’émergence d’un véritable foyer artistique propre à la région. Auparavant, les artistes alsaciens renommés faisaient carrière loin, à Paris et dans d’autres capitales européennes. Les créations locales manquaient d’ambitions et les lieux d’émulations étaient rares en dehors des expositions des musées et des sociétés d’arts sous la coupe de la bourgeoisie.

Si peu après 1871, les allemands envisageaient d’apporter l’art allemand, d’abord dans les musées et puis dans une éphémère association, c’est bien les jeunes artistes alsaciens qui vont faire naître un foyer artistique dynamique. Une pléiade d’artistes se fédère dans différents groupes, associations, cercles : le dîner des treize, les rencontres chez Georges Haehl à la Robertsau, Les repas du Kunschthaafe du fabricant de foie gras Auguste Michel, le cercle de Saint-Léonard de Charles Spindler et Anselme Laugel à Boersch, le groupe de Saint-Nicolas d’Emile Schneider à Strasbourg, l’école de dessin d’Emilie Gross, etc.

Le foisonnement de la Belle Epoque était là, identique au monde sportif ou musical, plein d’entrain, à la recherche du nouveau et friand de rencontre. Les rendez-vous vont prendre différentes allures et le monde artistique se retrouve partout en ville, à la campagne pour réinventer le monde. Les artistes exposent un peu partout à la galerie Edel-Büchel, à la galerie Bader-Notin, au salon de la Revue alsacienne illustrée, au schloessel de l’antiquaire Grombach, à l’hôtel de ville de Strasbourg. Le nombre d’ateliers explose et les plus célèbres sont ceux de Léon Hornecker, Lothar Von Seebach ou encore celui de Georges Ritleng. Les autres villes comme Colmar et Mulhouse connaissent également dans une moindre mesure ce mouvement.

Parmi les artistes, certains connaissent à cette époque une gloire et un renommé pour leurs créations, pour ne citer que les plus connus, nous rappelons les noms de Léon Hornecker, Joseph Sattler, Lothar von Seebach, Léo Schnug, Jean Jacques Waltz, Gustave Stoskopf, et bien sûr Charles Spindler.

De ces nombreuses rencontres et expositions, va naître une institution centenaire, la Maison d’art alsacienne (1905), animée par l’association des artistes Strasbourgeois, plus tard dénommé Association des artistes indépendants d’Alsace (AIDA). Autour de Charles Spindler et Gustave Stoskopf, les deux grands animateurs de la scène artistique alsacienne, les artistes se fédèrent pour disposer d’un lieu d’exposition permanent et sous la tutelle des seuls artistes. Une petite révolution culturelle se mettait en marche. Désormais, l’Alsace connaîtra une animation artistique quotidienne, qui va rayonner sur toute l’Alsace et même hors de ses frontières régionales.


Gustave Stoskopf, Etang aux nénuphars, près d’un bois.


Charles Spindler, Alsaciennes


Leon Hornecker, Autoportait


Joseph Sattler, Nature morte au crâne

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