Léo Schnug et le Haut-Koenigsbourg

Léo Schnug et le Haut-Koenigsbourg

Sortie de 2 h au château du Haut-Koenigsbourg avec une visite guidée sur le thème : Léo Schnug et le Haut-Koenigsbourg

A l’abordage du vaisseau de grès rose

Dominant la plaine d’Alsace depuis plus de 900 ans, le château du Haut-Kœnigsbourg est le deuxième plus grand château d’Alsace après le Guirbaden. Dans le cadre de son cycle de conférences consacré aux châteaux forts, la Shame invitait à à une visite originale du vaisseau à deux voix…

“70 % des murs du château datent encore du Moyen ge”, explique d’emblée Jean Grieneisen aux 50 visiteurs de la Société d’histoire et d’archéologie de Molsheim et environs. Guide titulaire depuis plus de 10 ans, il énonce les différents temps forts historiques du Haut-Koenigsbourg : sa construction au XIIe siècle par les Hohenstaufen, sa destruction suite à un incendie provoqué par des Suédois lors de la guerre de Trente Ans, son annexion en 1871 avec le territoire d’Alsace-Moselle lors de la défaite de la France face à la Prusse, son acquisition par le Département en 2007.

Aidé de son complice Julien Kiwior, auteur galeriste, le guide du château s’attache à présenter l’immense travail de reconstruction et de restauration réalisé conjointement par l’architecte Bodo Ebhart et l’artiste Léo Schnug tout deux missionnés par Guillaume II de Hohenzollern. L’ambition de l’empereur était simple : il fallait “éduquer le peuple et démontrer la magnificence de l’empire germanique”. Les travaux débutent en 1900 et se terminent en 1908 pour la partie construction.

Tour carrée ou tour ronde

Pour Bodo Ebhart, “la restauration du Haut-Kœnigsbourg doit rester fidèle au passé”, souligne Jean Grieneisen S’appuyant sur des archives, des fouilles et des sondages archéologiques ainsi que la visite d’autres châteaux en Suisse, en Allemagne et dans le Sud de l’Alsace, l’architecte s’applique à conserver et restaurer l’existant. “Seules les parties supérieures et la décoration intérieure datent du début du XXe : le vaisseau de grès est donc un savant mélange entre ancien et moderne… de 100 ans d’âge”

Quant à la polémique autour du donjon, elle continue de défrayer la chronique : “Bodo Ebhart le restitue de forme carrée à juste titre puisque les fondations sont carrées.” CQFD estiment les deux spécialistes. Quoi qu’il en soit, le donjon est l’un des premiers éléments du château restauré. Pour symboliser la suprématie de l’empire, il est surmonté en 1906, d’un aigle impérial tourné vers l’Est. En 1995, suite à une violente tempête, le rapace de 1,20 m d’envergure et pesant 70 kg est terrassé et s’écrase au sol libérant un parchemin signé par le Kaiser Guillaume II et vantant la puissance germanique. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le château entre dans le domaine national français et un mât est érigé au-dessus de l’aigle pour pavoiser l’édifice aux couleurs de la France comme un pied de nez à l’Allemagne déchue…

Des fresques pour illustrer la puissance germanique

Côté décoration, c’est Léo Schnug qui a la lourde tâche de glorifier le prestige des Hohenzollern et des dynasties antérieures. “C’est lui qui avait réalisé les maquettes des costumes lors de l’inauguration du château en mai 1908”, précise Julien Kiwior. Dès 1910, il réalise plusieurs fresques qui résument l’histoire du Haut-Koenigsbourg et “évoquent habilement chacun des seigneurs qui ont marqué la demeure”. Sur le manteau de la cheminée se dresse la figure de saint Georges terrassant le dragon. Au plafond de la salle du Kaiser, trône l’aigle impérial surmonté des armoiries de l’Empire allemand.. La salle des trophées de chasse achevée en 1914 est d’un style plus épuré : le thème essentiel est la représentation de la légende de saint Hubert. Ces fresques témoignent de la maturité de l’art de Schnug “Il est alors à l’apogée de sa carrière mais connaîtra une rapide descente aux enfers liée à son addiction à l’alcool”, ajoute le spécialiste de Léo Schnug qui a consacré un ouvrage hommage à cet artiste de légende. Parallèlement aux décors, l’achat de collections et de mobiliers est mené par le “Hohkönigsburgverein”, une association créée en 1904 “dont les statuts sont toujours en vigueur mais actuellement en sommeil”.

Le Haut-Koenigsbourg, “cet authentique château fort du Moyen Age” accueille près de 550 000 visiteurs par an contre 12 000 en 1908. Sa restauration aura couté quelque 70 millions d’euros de notre époque…
R.S.


Une cinquantaine de visiteurs avaient accepté l’invitation de la Société d’histoire de Molsheim de partir à l’abordage du Haut-Koenigsbourg.


Le duo Julien Kiwior (à g.)et Jean Grieneisen (à d.) a emporté les visiteurs au début du XXe siècle grâce à Bodo Ebhardt et Léo Schnug.


Dans la salle des trophées, Léo Schnug représente la légende de saint Hubert. A genoux, son arbalète posée devant lui, le patron des chasseurs prie devant l’apparition de la croix au-dessus des ramures d’un cerf.


En 1995, suite à une violente tempête, l’aigle impérial surmontant le donjon de 62 m de hauteur s’écrase au sol libérant un parchemin signé par le Kaiser Guillaume II.

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